La guerre entre Anges et Démons a cessé récemment tandis que les Déchus pris en tenaille tentent de survivre. Mais un autre danger attend les anges qui tombent : le goût des démons pour les esclaves, distraction entre deux intrigues mortelles.
 
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 Nouvelles marques [PV Rhain]

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Aiguille d’argent
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MessageSujet: Nouvelles marques [PV Rhain]   Mar 6 Juin 2017 - 13:55

Au début, Alshiv avait craint de se sentir bien plus intimidé que cela, en passant les grilles du manoir de l’héritier Gharaon. Mais, au contraire, il se sentait étrangement à l’aise, bien qu’il n’ait pas encore rencontré celui qu’il était venu voir. C’était sa démarche qui le détendait. Le fait qu’elle ait été pleinement acceptée par son second de ligue, également. Il n’était pas rentré dans les détails, peut-être celui-ci aurait-il été moins réceptif, mais l’idée était là, après tout.

C’était futile, dans un sens. Une modification d’ordre esthétique, qui n’était pas aussi lourde de sens que la première qu’il avait eue. Ce n’était pas l’aveu d’un sentiment qu’il pensait durer éternellement, ce n’était pas une preuve de confiance absolue en quelqu’un qui le trahirait. Cela n’avait pas non plus le même sens que ses secondes. Ce n’était pas l’aveu d’une faute trop lourde pour ses épaules, l’acceptation d’un destin qu’il ne pouvait refuser.

Cette fois, c’était uniquement pour lui. Il n’avait pas discuté des raisons qui le poussaient à avoir pris ce rendez-vous. Il voulait à la fois un motif qui n’aurait de signification que pour lui et se prouver qu’il était résistant. Il n’aurait pas pu nier que c’était aussi un des buts de la manoeuvre… Il n’avait pas non plus choisi l’artisan au hasard.

Lorsque ses parents étaient morts, il avait réellement cru se retrouver face à l’Exécuteur Suprême. Puis dernièrement, avec Satan… il y avait songé également. Alors c’était une manière de passer outre. Passer entre ses mains sans que ce soit négatif. Il ne pouvait pas avoir peur de l’héritier d’une ligue plus influente que la sienne, avec qui il aurait certainement à faire des bras de fer politiques, plus tard. Pour l’instant, il n’avait jamais eu beaucoup d’interaction avec le Seigneur Gharaon en lui-même, pas plus qu’avec ses enfants. Mais il était temps de passer outre ses peurs.

En somme, Alshiv avait décidé de se réapproprier enfin son corps. Même si c’était à travers la douleur, c’était pour une modification qu’il avait choisie, d’une manière qu’il avait décidée seul, car il n’accepterait plus d’autre maître que lui-même.

C’était bien pour cela que même son maintient montrait qu’il était assuré. Sur sa selle, devant lui, un Vizrès du Pyriphlegeton était sagement installé, un chaperon traité pour résister aux flammes lui cachant la vue. Il ne craignait pas que son kironar ait du mal avec l’animal, et il ne pouvait pas rester sans montrer les capacités de sa famille, après tout.

Le roux mit pied à terre et fit grincer son gant de fauconnerie, récupérant à sa ceinture une lanière de viande qu’il tapota contre le bec de l’oiseau pour le féliciter d’être resté sage pendant le trajet.

“Bien. Reste sage. Käelan, garde.”

Le kironar eut une sorte de renâclement , et le dresseur lui tapota le museau avec affection, avant de se détourner de ses animaux pour se laisser guider par un domestique dans la demeure. Il fut conduit dans une salle qui, de toute évidence, servait d’attelier et préféra rester debout à attendre son hôte, assez intimidé pour ne rien trouver d’autre à faire que vérifier par réflexe sa tenue.

La chaleur lui avait fait délaisser les autours lourds et étouffants, même s’il se forçait toujours à porter au moins une chemise à manches longues dans les tons clairs, qui mettaient en valeur sa peau et ses cheveux, et un pantalon sombre soulignant l’étroitesse de ses hanches. Même si cette tenue dissimulait ses scarifications, il n’était pas là, après tout, pour se pavaner avec. Son masque, lui, était le plus fin possible par rapport à ce qu’il pouvait porter, pour dissimuler ses tatouages sans chercher à faire peur ou impressionner. Il restait, cependant, taillé dans l’os, même si la matière avait été affinée et polie, comme patinée par le temps. Il savait qu’il aurait à se relever les cheveux, mais pour le moment ceux-ci tombaient en boucles désordonnées sur ses épaules.

Une fois qu’il fut assuré qu’il n’avait pas un pli inesthétique sur ses vêtements, Alshiv fut bien obligé de regarder autour de lui. Il y avait, de toute évidence, le matériel pour tatouer ou scarifier, mais également de quoi maintenir. Et les anneaux au mur… Il imaginait parfaitement ce qu’on pouvait faire avec. La manière de détourner des objets du travail et…

Le roux secoua la tête et soupira, se focalisant sur l’aura qu’il sentait approcher. Le démon qu’il vit arriver était plus grand que lui, ce qui n’était pas exceptionnel. Il nota ses longs cheveux bleus, couleur plutôt rare, et son regard qui lui faisait penser à de l’or liquide, si chaud que les bords en étaient rouges. Il avait déjà aperçu l’aîné Gharaon et lui sourit, inclinant respectueusement la tête. Il songeait moins qu'il ne l'aurait cru au fait que leur rencontre aurait pu se faire dans des circonstances bien moins plaisantes...

“Bonsoir, Seigneur Gharaon. Merci d’avoir répondu à ma demande.”

Il prit place sur le bord du fauteuil qui présentait des sangles de contentions, à la demande de son hôte, et le regarda s’installer sur un tabouret de toute évidence de travail. Il n’aimait pas être aussi haut, cela le forçait à avoir les pieds dans le vide, mais… Il verrait bien, ensuite, comment ils s’installeraient. Le fauteuil semblait plus fait pour quelqu’un qui souhaiterait qu’on s’occupe de la partie avant du corps que de l’arrière.

Cependant, sans faire état de la bizarrerie de sa position, ni montrer que cela ne le mettait pas nécessairement à l’aise, Alshiv échangea les politesses d’usage avec son hôte, avant d’entrer dans le vif du sujet :

“Au sujet des scarifications… Comme je vous ai dit, je souhaiterais en avoir sur le haut du dos, principalement la nuque et les omoplates. J’ai fait un croquis, au moins pour délimiter la place, même s’il est certain que je souhaite qu’il soit magnifié par votre trait, les miens étant… plus élémentaires.”

Il avait décidé seul de la place que prendrait le motif sur son dos, approximativement, et ce qu’il voulait y voir apparaître. Il avait choisi un style ornemental, dans l’idée d’avoir plusieurs animaux imbriqués avec de simples éléments décoratifs… Il verrait avec Exécuteur Suprême si c’était faisable, ses compétences en dessin étant, il devait bien l’avouer, moins développées que chez d’autres.

Récupérant le croquis dans la petite sacoche en cuir qu’il avait à la hanche, il le tendit à Rhain, le laissant l’observer. Celui-ci représentait un dos, de la naissance des cheveux à celle des fesses, et le motif voulu était schématisé en plusieurs couleurs, de manière à pouvoir s’y retrouver, et si ses traits n’étaient pas aussi précis et délicats que ceux d’un dessinateur, les animaux étaient particulièrement bien représentés et reconnaissables. Le tout représentait une grosse pièce, mais Alshiv n’avait pas envie de se limiter.

“Pour les animaux, en fonction de la place… je souhaiterais y voir un chimérion, un reyshar des hauteurs, un thaurulon et un sheyal. Autre chose, si vous estimez qu’il y a la place, mais nous en discuterons à ce moment là...”, expliqua-t-il, avant de fixer L’Exécuteur Suprême. “Qu’en pensez-vous ?”

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MessageSujet: Re: Nouvelles marques [PV Rhain]   Mer 14 Juin 2017 - 0:13

Rhain avait rendez-vous, ce soir. Pas avec un des condamnés de ses geôles. Ni avec Nimrod. Le concept de rendez-vous n’avait de toute façon jamais vraiment existé entre eux. Ils avaient plutôt tendance à se tomber dessus. Souvent au sens le plus littéral, s’embusquant comme de jeunes fauves en faisant fi des activités de l’autre.

Non, ce soir, Rhain avait rendez-vous pour exercer dans un cadre privé une des compétences à la fois annexes et complémentaires à sa charge officielle : répondre à la requête d’un démon souhaitant modifier, superficiellement ou profondément, son corps. Il avait développé un goût pour ce passe-temps alors qu’il faisait encore ses classes dans la ligue de son père, tatouant, scarifiant, marquant de multiples façons, toutes douloureuses, les membres volontaires de leur réseau. Il voyait cela à la fois comme une parfaite passerelle entre ses connaissances techniques de la chair et son goût pour la création artistique, et un moyen de faire perdurer ses œuvres au-delà du temps de décomposition d’un cadavre. Bien entendu, il avait beaucoup moins de temps à consacrer à ce loisir depuis un an, jonglant déjà avec ses multiples responsabilités. Et son emploi du temps était beaucoup plus fluctuant qu’avant, puisqu’il pouvait être requis à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit pour un interrogatoire au Palais. Aussi les clients faisant appel à ses services devaient-ils avoir une raison particulière de s’adresser à lui, d’accepter le risque d’une attente assez longue si les geôles étaient pleines, voire l’annulation de leur rendez-vous à la dernière minute et son report à une date ultérieure. Et ils avaient TOUS une bonne raison.

Certains venaient par bravade, pour pouvoir se vanter d’être passés entre les mains de l’Exécuteur Suprême et d’en être ressortis vivants. Rhain ne comptait plus combien d’entre eux il avait fait reconduire à sa porte pour ne jamais les revoir dans son manoir, livides et tremblants avant même qu’il ait commencé son œuvre. Certains décommandaient même à l’approche de la date fatidique. A tous ceux-là, Il se faisait un plaisir de rappeler leur entrevue avortée ou manquée à l’occasion d’une réception, et en présence de leurs amis. Cela avait permis de réduire progressivement le nombre de candidats peu sérieux. Les places étaient déjà très limitées, et le temps de Rhain était précieux.

D’autres avaient un penchant marqué pour le type d’expériences que l’Exécuteur pouvait leur offrir, qu’ils se l’avouent ou non, et le temps qu’il leur accordait était un luxe et un privilège, à bien des égards.

Plus rares étaient ceux venus exorciser leurs peurs sous ses instruments. Et quand Rhain pénétra dans son atelier, son client déjà installé, comme il était de coutume, il sut qu’il n’appartenait pas à la première catégorie. Restait à déterminer à laquelle des deux autres il pouvait être affilié. Si ce n’était aux deux.


“Seigneur Strashen… merci d’avoir tenu votre engagement et de vous être présenté à moi. Vous n’imaginez pas le nombre de personnes qui se perdent avant d’arriver à ma porte, ou même entre celle du manoir et celle de l’atelier. Voire entre la porte de l’atelier et ce fauteuil.”

Il eut un sourire matois en tapotant de ses griffes métalliques le cuir du siège composé de plusieurs parties articulées, observant le roux des pieds à la tête en l’invitant à y prendre place. C’était une déformation professionnelle dont il ne cherchait pas à se cacher. Il n’avait pas un guerrier face à lui, mais quelqu’un qui prenait tout de même soin d’exercer un tant soit peu son corps. C’était sans doute récent. Il n’avait pas le maintien d’une personne exerçant une pratique martiale depuis un jeune âge. Et ce masque, que cachait-il ? Un masque ne pouvait pas rendre une aura méconnaissable, et sans même avoir recours à la magie, Rhain disposait d’un odorat assez sensible pour reconnaître un démon les yeux fermés. Il avait déjà eu affaire à certains clients n’assumant pas leurs inclinations et tentant d’user d’un faux patronyme. Il s’était fait un devoir de les appeler par leur titre réel à leur arrivée. Car dans son atelier comme dans ses geôles, l’Exécuteur ne supportait pas les faux-semblants et les mensonges.

Il laissa son visiteur s’installer avec une retenue bien compréhensible. Son fauteuil n’était pas fait pour inspirer confiance ou paraître confortable. Il était pratique, lui permettait d’exécuter parfaitement son office. Il tira son tabouret haut plus près, s’asseyant à son tour. Vu sa taille, il n’avait même pas à utiliser le repose-pied comme appui. Les pieds de son client, par contre, pendaient dans le vide, conférant une posture infantilisante dont Rhain s’amusait toujours, même si la hauteur du fauteuil était avant tout conçue pour lui permettre d’œuvrer sans se briser le dos à la tâche.

“Dites-moi tout, Seigneur Strashen. Que puis-je faire sur vous ?”

Il pencha légèrement la tête de côté, attentif, les mains croisées sur ses cuisses. Il savait déjà que le roux venait pour des scarifications, et cela enchantait l’Exécuteur. Il avait déjà une pratique assez régulière du tatouage avec son principal commanditaire pour souhaiter se diversifier avec d’autres. Et laisser des marques dont il savait qu’on ne chercherait pas à les faire disparaître aussi vite que possible après qu’il les ait infligées rendait la démarche bien plus attrayante.

“Je n’ai de toute façon pas pour habitude d’accepter une commission pour laquelle on ne me laisse pas la marge de manœuvre nécessaire pour y apposer ma griffe. Je laisse cela à de simples exécutants.”, confirma-t-il à la requête de son client de travailler en adaptant les bases qui lui étaient données.

Il saisit le croquis du bout des griffes avec un sourire complaisant, et examina le placement avec un hochement de tête en écoutant les explications de son visiteur. Le trait n’était pas mauvais, et la cohérence anatomique des motifs était excellente, malgré le style figuratif. Rien de très étonnant, au vu des occupations du chef de la ligue du Chimérion, mais il y avait un pas entre connaître et savoir retranscrire.

“Le placement est harmonieux, et adapté à votre carrure.”

Il jaugea encore une fois la largeur d’épaules de son invité, le regard étréci.

“Pour ce qui est du style… j’en suis familier. C’est même le premier que l’on m’a enseigné. Hmmm...laissez-moi vous en montrer un exemple.”

Rhain aurait pu aller jusqu’à l’arrière-pièce de sa chambre, en ramener un de ses échantillons conservés entre deux plaques de verre poli. Mais cela, il le réservait à des occasions spéciales. A des clients privilégiés et sûrs. Et il n’avait pas à prendre ce risque aujourd’hui, disposant du modèle adéquat sur lui. Il fit passer d’un geste souple sa tunique par dessus sa tête, tournant sur son tabouret pour exposer son dos à Alshiv. La lumière mouvante des chandeliers semblait donner vie aux reliefs intriqués. Il s’adressa à lui par dessus son épaule.

“Les motifs seront plus distincts dans votre cas, et la scarification laisse un tracé plus fin que le marquage au fer. Mais cela vous donne une bonne idée du rendu de ce style.”

Il entendit le cuir du fauteuil grincer alors que le dresseur se penchait, et que ses doigts parcouraient ses cicatrices. Il eut un sourire en coin, contenant une remarque déplacée.

“Ne vous inquiétez pas : votre peau conservera sa sensibilité, une fois la cicatrisation achevée. Ça sera simplement différent au toucher.”

Il attendit que le roux rompe le contact, et se tourna à nouveau vers lui. Son expression était toujours aussi cordiale et attentive.

“Étant donné vos goûts en matière d’accessoires et votre occupation principale, je me serais attendu à un tracé plus… primitif.”

Rhain eut un regard pour le masque d’os. Puis sur l’étoffe de grande qualité de la tunique de son invité. Il commençait à percevoir une dualité intrigante dans ce personnage mêlant retenue et curiosité, matières brutes et linge fin. Quelque chose qui lui donnait envie de… creuser.

“Avant que nous commencions, Seigneur Strashen, parlez-moi de vos expériences passées. Celles concernant la douleur me suffiront pour la procédure de ce soir…”, ajouta-t-il, une lueur espiègle dans l’œil, en voyant Alshiv être brièvement pris au dépourvu par sa question.

Le dresseur roula ses manches de chemise, dévoilant les scarifications sur ses avant-bras, et Rhain en saisit légèrement un, passant la pulpe de son pouce sur les marques. Échange de bons procédés, songea-t-il, mais c’était surtout le meilleur moyen d’éprouver la flexibilité de la peau, la dureté et l’épaisseur du tissu cicatriciel, sa régularité. Et à en juger par l’inclinaison des marques, leur caractère brut, les strates plus récentes recoupant parfois mal les plus anciennes, le tracé hésitant…
Il adressa au roux un regard scrutateur, loin d’être amusé, sans pour autant se montrer réprobateur.


“Je conçois l’intérêt des démarches personnelles, mais si vous souhaitez simplement entretenir ces marques, je vous recommanderais de vous rendre auprès d’une personne sachant ce qu’elle fait. Vous pourriez finir par endommager vos nerfs, et à la longue, les tracés vont perdre toute définition. Si vous désirez extérioriser ou expier quoi que ce soit, je pourrai vous indiquer des méthodes moins handicapantes à long terme.”

Cette découverte s’ajoutait à la liste des dichotomies qu’il avait déjà observées : une capacité à se mutiler sans maitrise -  avec la volonté de s’approprier un rituel familial d’après les explications qui lui furent fournies avec une hésitation et une gêne grandissantes - contrastant avec sa démarche de venir faire réaliser par un autre une pièce mûrement réfléchie. Rhain aurait aimé savoir quelle autre surprise se dissimulait derrière ce masque. Mais il était encore trop tôt pour cette révélation, il le sentait. Il lui faudrait briser certaines barrières entre eux, au préalable. Et celle de la peau du dresseur ne serait que la première.

“Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps, Seigneur Strashen. Retirez votre tunique et allongez-vous sur le ventre.”

Il se leva et rapprocha du siège de son client une tablette portant une carafe d’eau et deux verres. Puis il récupéra entre les mains du dresseur la chemise qu’il venait d’ôter, notant sa différence de posture maintenant qu’il était torse nu. Ca ne pouvait pas être de la honte. Le roux n’avait aucune raison d’être gêné par son apparence. Et il avait passé l’âge de la timidité. Quoi d’autre, alors..? Ce mystère-là serait facile à résoudre, songea Rhain, l’anticipation grandissant en lui.

“Vous m’excuserez de ne pas vous proposer d’alcool. J’aimerais éviter de vous voir perdre connaissance à cause d’une trop grande perte de sang. Cela ne ferait que retarder l’accomplissement de la procédure, puisque je ne travaille jamais sur des patients inconscients. Question de réciprocité : je tiens à ce que mon sujet profite autant que moi de l’expérience. N’hésitez pas à réclamer une pause si nécessaire.”

Du bout du pied, Rhain poussa un seau de dessous le fauteuil.

“Ou toute autre chose pouvant vous éviter un malaise ou pallier aux quelques inconvénients de l’inconfort de la séance. A l’exception de toute substance permettant de soulager ou diminuer la douleur. Vous devez rester pleinement avec moi jusqu’au bout. Mais si vous avez besoin d’un stimulant, d’un coussin, ou d’une serviette froide… vous n’avez qu’à demander. N’espérez pas un répit par manque d’endurance de ma part. Je ne m’arrêterai pas tant que vous ne m’en ferez pas explicitement la demande. Je vais user de mes lames de ténèbres sur vous. Toutefois, je ne toucherai et ne pénètrerai aucune zone sans votre consentement. Est-ce que vous avez bien compris et si oui, acceptez-vous les conditions de mon intervention, Seigneur Strashen ?”

Il attendit l’assentiment de son invité, puis se pencha pour actionner une série de leviers enclenchant des mécanismes crantés.

“N’ayez pas de mouvements brusques. Ne vous inquiétez pas : vous ne tomberez pas. Et si c’est ce que vous craignez, je peux toujours vous attacher, pour votre tranquillité.”

Le dossier du fauteuil était maintenant légèrement incliné et détaché en trois, les deux parties latérales s’abaissant pour former des repose-bras. L’assise du fauteuil s’était également divisée en trois, et les parties soutenant les jambes s’étaient repliées et escamotées en repose-genoux, ne lui laissant qu’un siège étroit et peu profond, également incliné pour former un angle droit avec le dossier.

“C’est un modèle de ma conception”, expliqua l’Exécuteur avec un certain enthousiasme. “Les possibilités de transformations sont multiples, en fonction de l’usage requis. Bien sûr, il y a eu des versions d’essai, moins modulables, ou révélant quelques défauts de solidité. Mais je peux vous assurer que la robustesse de celui-ci a été longuement éprouvée.”

Rhain plaça son tabouret derrière alshiv, et prit place en plaçant ses jambes de part et d’autre de l’assise du fauteuil. Heureusement pour lui, le dresseur avait les hanches étroites, lui permettant de travailler directement face à son dos. Certains démons plus massifs l’avaient obligé à œuvrer sur un côté, puis l’autre. L’Exécuteur avait beau être souple et résistant, certaines questions de praticité l’avaient forcé parfois à des concessions sur ses préférences.

Il commença par parcourir du bout des griffes la zone de peau qui devait être recouverte, en délimitant mentalement autant que par le geste les frontières, en découvrant les reliefs formés par les muscles et les os. Ses sourcils se froncèrent brièvement en suivant une ligne de peau plus claire, plus neuve, traversant de l’épaule au milieu du dos. Rien de profond. Une griffure un peu vicieuse déjà quasiment effacée, qui n’avait pas été tracée par une griffe animale, mais des ongles. Un sourire naquit lentement à ses lèvres. Autant à la pensée des conditions dans lesquelles cette marque avait pu être réalisée, qu’en constatant que ces simples effleurements préliminaires avaient déclenché des successions de frémissements, les muscles se nouant déjà durement sous ses doigts. Le dresseur n’avait visiblement rien pris pour engourdir ses sensations, et sa réactivité enchantait l’Exécuteur.

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Aiguille d’argent
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MessageSujet: Re: Nouvelles marques [PV Rhain]   Mer 14 Juin 2017 - 22:39

Alshiv avait été surpris lorsque son hôte avait souligné que nombreux étaient ceux qui abandonnaient en cours de route. Il ne se sentait pas forcément rassuré dans les lieux, trop sombres à son goût, mais il voyait ça comme une fantaisie décorative, tout comme un chanteur pouvait porter des vêtements extravagants pour mettre en valeur son chant. Pourtant, il n’avait pas fait de commentaire, se contentant de sourire.

Il fit abstraction du regard pesant de l’Exécuteur Suprême en s’installant, se rappelant que le décorum était fait pour inspirer la peur qui tournait autour du folklore de ce démon majeur. Rien de plus. Pourtant, il n’était pas insensible à celle-ci…

Le roux eut un petit sourire lorsque son vis à vis confirma qu’il avait bien fait de n’avoir que des idées de la composition. Après tout, il venait dans ce lieux pour tellement de raisons… Mais le style final était également un atout. Il acquiesça simplement, donnant les explications adéquates pour comprendre le dessin qu’il jugeait, pour sa part, plutôt médiocre. Aussi un sourire étira-t-il ses lèvres au compliment de Rhain.

“Vous m’en voyez sincèrement heureux, Seigneur Gharaon.”

Curieux, Alshiv pencha la tête sur le côté à l’évocation d’un exemple. Il resta silencieux, malgré tout, et étouffa un hoquet lorsque le démon aux cheveux bleus se dénuda partiellement. Son regard fut immédiatement attiré par les anneaux qui transperçaient les tétons du démon. Il imaginait parfaitement la douleur de l’installation d’un tel ornement, pique de douleur brûlante sur ses mamelons sensibles et délicats. Il l’imaginait si bien qu’il eut un long frisson, et ne put que brièvement entrevoir les autres piercings.

Ce fut pourtant bien plus interessant qui fut offert à son regard et il se pencha tout entier, admirant les entrelacs complexes qui ornaient le dos de son aîné. Emerveillé, il tendit la main sans même réfléchir, glissant ses doigts sur les reliefs de la peau, et rougit violemment à la remarque sur la sensibilité de l’épiderme de l’Exécuteur - il extrapolait, mais.. - et détourna les yeux pour observer, plutôt, une des sangles du fauteuil.

“Pardon, je n’avais pas… c’est la première fois que je vois un tel marquage.”

Heureusement, son aîné ne chercha pas à l’enfoncer face à cette bavure protocolaire, et Alshiv lui en fut reconnaissant. La remarque sur son style lui tira un sourire. Son envie venait peut-être du jeune chanteur qu’il avait été, et qu’il cherchait pourtant à faire disparaître… Il n’en était pas certain. Dans tous les cas, cela venait de lui, et c’était bien le principal.

“Je suis certain que vous comprendrez mon obligation de… coller à ma fonction. Je souhaite quelque chose pour moi, et non pour le chef de famille Strashen ou le chef de ligue que je suis.”

Pourtant… la question suivante amena le trouble dans son regard. Quel rapport avec…? Il fut rassuré lorsque Rhain précisa la demande, même si, avec lui, les rapports intimes et la douleur n’étaient pas nécessairement dissociés. Du moins… Ils ne l’étaient pas nécessairement, tant que la douleur n’était pas trop importante.

“Je ne suis pas un guerrier, ni même un combattant, Seigneur Gharaon, mais...”, commença-t-il avant de défaire les attaches des manches de sa chemise et de les rouler jusqu’à ses coudes, tendant les vers vers Rhain. “... je pense pouvoir résister relativement bien.”

Il laissa le démon majeur toucher ses scarifications rituelles, observant son vis à vis et la concentration sur ses traits. Le contact était léger, plutôt agréable, et il se détendit. Il n’avait jamais honte à montrer ses avants bras… Jusqu’à présent. S’il soutint le regard du démon aux cheveux bleus sans ciller, sa réprimande lui fit tirer vers lui ses bras, les ramenant contre son torse d’un geste défensif réflexe.

“Vous n’y êtes pas du tout.”

Blessé, le plus jeune baissa le regard sur ses bras. Pourquoi se justifier, si l’Exécuteur Suprême s’était déjà fait son avis ?

“Ce n’est ni une manière d’expier ni une expérimentation, ou une extériorisation… de quoi que ce soit. Et… C’est vrai que mon père aurait dû guider le rituel, mais ce sont les marques qui montrent que je suis chef de famille, en rapport avec les bras labourés de griffures du premier Strashen à être devenu dresseur. Nous ne craignons de dresser aucun animal, quelles que soient les blessures qui puissent en découler.”

Pourtant, Alshiv avait parlé d’un ton bas et peu assuré. Il n’aimait pas l’idée qu’on juge de ces marques dont il n’avait pas voulu, qu’il portait comme les chaînes le liant éternellement à une tragédie dont il n’était pas remis. Il ramena d’ailleurs ses bras en arrière, à moitié derrière son dos pour appyer ses mains sur le cuir du fauteuil, osant relever les yeux vers Rhain.

“Ce ne sont donc pas des scarifications faites par loisir ou quelque autre signification que vous estimez pouvoir leur apporter. Et si vous vous inquiétez d’une possible lésion nerveuse, mon second est un excellent chirurgien, il ne me laisserait pas me faire du mal.”

Du moins… Sreyn essayait, même si son succès était mitigé. Brièvement, Alshiv songea à partir. Non parce qu’il avait peur des lieux, ou de celui qui s’y tenait, mais parce qu’il n’était plus si certain de vouloir se faire scarifier par quelqu’un qui avait une telle opinion de lui. Il hésita, jusqu’à ce que son vis à vis lui parle de commencer le travail en soi.

Le roux prit une inspiration, son regard se durcissant brièvement, même s’il ne regardait pas l’autre démon. C’était par rapport à lui-même. Il n’était pas là pour se faire juger et, surtout, le jugement du démon bleu n’était pas quelque chose qui devait le toucher. Il était là pour commander un service, et les choses s’arrêtaient là. Quoi qu’en pense le Seigneur Gharaon.

“Bien sûr. Je suppose que je relève mes cheveux également ?”

Il n’avait pourtant pas envie d’avoir d’autre remarques, et apprécia que l’artiste fasse autre chose pendant qu’il se dénudait et ramenait ses cheveux dans un chignon emmêlé. Il nota la carafe d’eau et les verres, et n’eut pas le temps de se demander où poser sa chemise que celle-ci lui fut ôtée des mains. Il avait l’habitude, se répéta-t-il, d’être face à des gens de carrure plus importante que lui. Il aurait pourtant préféré que l’autre ne soit pas à moitié nu, à exhiber plus que ses muscles, ses piercings et ses marquages. Il était si concentré à ne pas regarder le torse et ses mystères qu’il sourit mécaniquement à la précision.

“Je ne bois pas d’alcool de toute façon, tout au plus vous demanderai-je du jus de fruits si je sens que j’en ai besoin. Et je n’ai pas du tout envie que vous travalliez sur moi sans que je puisse en profiter, cela n’aurait aucun intérêt… Je vous suis gré de prendre cela en considération d’avance, sans que j’aie à le préciser. ”

Il frémit à la vue du seau, refusant d’en arriver à une telle extrémité. Mais il écouta son aîné avec attention, son regard se chargeant cette fois de détermination. Les conditions posées par son aîné semblaient à la fois très dures - une vraie recherches de ses propres limites - et rassurantes…

“Oui, autant pour la compréhension que les conditions, Seigneur Gharaon. Je suis prêt.”

Cela ne l’empêcha pas de couiner en sursautant lorsque son hôte changea la forme du siège, et il sauta par réflexe sur ses pieds pour s’écarter de l’appareil, les yeux écarquillés. Il s’en voulut immédiatement de son mouvement et se mordilla la lèvre, rougissant faiblement à la mention de se faire attacher. Comme si ça pouvait le rendre “tranquille”...

“Ca m’a surpris, vous auriez pu prévenir avant… mais non, pas la peine de m’attacher.”

Alshiv se réinstalla, trouvant la position plutôt confortable malgré le fait qu’elle lui mettait, à son goût, un peu trop les fesses en avant. En arrière.. Trop exposé. Mais vu l’endroit qu’il avait choisi pour son ornement, il n’avait pas trop le choix. Il fronça les sourcils en entendant l’Exécuteur Suprême s’égayer sur la conception du siège. C’était… Etrange. Mais il se sentait encore trop sur la défensive pour rebondir dessus, et acquiesça simplement.

“Oh… je vois, je ne craignais pas de me retrouver au sol soudainement, ne vous inquiétez pas.”

La position dans laquelle se mit l’artiste le fit frémir, et il sentit la chaleur des jambes du bourreau officiel de la Géhenne irradier, sensible comme il était à la proximité et aux contacts dont il se privait depuis un moment. Mais ce n’était rien par rapport à la série de violents frissons qui le saisit en sentant les griffes froides courir sur son dos. Un instant, il craignit la même remarque que sur ses avant-bras, avant de se fustiger mentalement. Il était, cependant, plus tendu qu’un roc, sans pouvoir rien faire pour cela.

“Pourriez-vous… Y aller doucement, au début ? Je veux m’approprier les sensations.”

Alshiv ferma les yeux, les bras sagement posés de manière à en retirer leur vue à Rhain, et il attendit, le dos régulièrement parcouru de frissons sans même que l’Exécuteur ait à faire quoi que ce soit. L’appréhension, l’envie.. Il voulait profiter. Après tout, il ne s’offrait pas de loisir, de plaisir rien que pour lui, estimant que ça lui était interdit. Certainement le démon qui oeuvrait n’imaginait pas à quel point ce qu’ils faisaient avait pour lui un caractère intime. Un premier pas dans ce qui était la réappropriation de sa vie… Il fallait que les choses se passent bien.

Un premier soupir franchit ses lèvres lorsqu’une lame entailla enfin sa peau. La douleur naissait tout au long du chemin tracé dans sa chair, aussi aiguë qu’exquise. C’était loin de ce qu’il avait ressenti lorsqu’il s’était fait ses scarifications, majoritairement parce qu’il chargeait trop son acte à ce moment là. Les gestes de l’Exécuteur étaient précis et attentionnés, faisant éclore à chaque instant une nouvelle sensation en lui. Lentement, pour qu’il fasse siennes tout ce qui lui arrivait, sa peau s’ouvrait pour l’autoriser enfin à vivre pleinement.

Il pensait se faire à cette sensation, et son esprit se tourna sur les cicatrices de ses avant-bras. Il aurait pu demander à Sreyn de lui effacer les cicatrices, pour les refaire proprement. Celles de son second étaient bien plus belles. Comme s’il avait voulu magnifier les bras du chirurgien, avec tout son coeur, alors qu’il s’était forcé à suivre un rituel qui signifiait bien trop pour un avenir dont il ne voulait pas. En repensant à celles de son père…

Un afflux de sensuel douleur lui tira un gémissement, même s’il resta parfaitement immobile, le forçant à se concentrer sur le présent, sur lui uniquement. Un sourire étira ses lèvres. Il aimait cette sensation, car elle représentait un premier pas vers sa libération. Il lui fallut un long moment avant qu’il ne se décide à prendre la parole, d’une voix basse, suivant simplement ce que son esprit lui soufflait :

“J’avais déjà vu votre travail sur le Seigneur Ksares, il se plaignait d’avoir beaucoup souffert pour les avoir, mais...”

Alshiv s’interrompit, rougissant jusqu’au bout des oreilles. Le Seigneur Ksares avait, effectivement, une scarification sur le pubis, qu’il avait pu admirer en premier plan lors d’une orgie. Dur à voir autrement que…

“... Il n’avait pas voulu un motif très détaillé, de mémoire. Je n’avais pas bien vu.”, mentit-il, gêné.

Pourquoi parlait-il de ça, à présent ? Les images de ce pubis et ce qui avait suivi s’ancraient dans son esprit, lui donnant envie de repartir dans ces sensations passées mais trop peu oubliées. Sreyn l’aidait beaucoup, à ce niveau là, à endormir les désirs qui pouvaient se lover dans ses reins. Mais cela ne bridait pas son imagination, et la douleur la réveillait sans équivoque. Il aimait chaque mouvement que faisait l’artiste sur son dos, chaque élan de douleur que cela éveillait en lui.

Sa respiration, à mesure que le temps passait, se faisait plus courte, sa peau se couvrait d’une sueur qui n’avait rien à voir avec la douleur, ses reins chauffaient. Un gémissement franchit ses lèvres lorsqu’une scarification fut effectuée sur sa nuque sensible, et il se couvrit immédiatement de chair de poule. Il eut beau se mordre la lèvre pour faire passer ce qu’il ressentait, les sensations s’ancraient aussi sûrement que le dessin dans sa chair, les deux sous les mouvements experts de l’Exécuter Suprême.

La manière dont il était assis devint vite gênante, pressant entre son corps et le siège son érection bien trop présente à son goût. Il n’aurait pas dû pouvoir… Mais il ne s’étonnait pas, au final, de réagir à un trop fort stimulus. Sreyn n’aurait jamais pris le risque de le rendre impuissant ou stérile, après tout. Et il se retrouvait piégé, entre la lame qui le faisait vibrer et son désir d’aller jusqu’au bout, de relever le défi qu’il s’était donné. Il commençait pourtant à manquer d’air, il devait bouger, soulager sa…

Un nouveau mouvement du démon aux cheveux bleus lui tira un gémissement plus fort que les autres et il envoya ses reins en arrière, soulageant la pression qu’il exerçait depuis trop longtemps sur son entrejambe, et ressentit brusquement une frustration intense à ne rien sentir contre ses fesses. Il en voulait plus, et si ça continuait...

“Ahn… Stop, s’il vous plait...”, gémit-il, alors qu’il avait soudainement songé à bien autre chose.

Les attaches du fauteuil auraient pu servir, par exemple. Et, brièvement, il se demanda si Rhain était aussi concentré et précis lorsqu’il besognait quelqu’un. Ou s’il était capable d’oeuvrer de concert des lames et du sexe…

Il attendit d’avoir l’autorisation pour bouger et fut soulagé de pouvoir se tourner à moitié sur le siège, dans un équilibre précaire qui lui permettait, au moins, de refermer les cuisses. Il accepta avec reconnaissance le verre d’eau qui lui fut tendu, alors qu’il cherchait à calmer sa respiration erratique. Reprendre le contrôle de sa respiration, puis de son bas-ventre… Mais il doutait de pouvoir être discret. En réalité, même sans jeter un coup d’oeil à son pantalon déformé, il savait bien, il se connaissait assez pour ça, qu’il devait avoir tous les signes de quelqu’un qui avait envie d’autre chose que discuter. Il sentait sa poitrine sensible d’avoir frotté contre le cuir, sa peau réclamant le contact. Il haletait encore. Ses joues rouges ne l’étaient pas qu’à cause de la honte d’être dans un tel état.

Certainement, s’il marchait, les choses iraient un peu mieux. Alshiv se leva après avoir reposé le verre, faisant un premier pas avant qu’une chute de tension fasse passer un voile noir devant ses yeux. Il s’attendit à heurter le sol mais fut rattrapé et plaqué contre un torse nu. Il eut un gémissement étranglé, hypnotisé par les barres qui marquaient le haut du sternum du démon majeur. Sous sa main, car il s’était rattrapé par réflexe, il sentait un autre piercing. La hanche de l’Exécuteur Suprême. Il avait soudainement envie de se faire percer le téton...

“Je… je suis désolé...”

Il était ridicule. Alshiv chercha à se dégager, sans force, avant de baisser les yeux. Il aurait aimé n’avoir jamais eu aussi honte, mais c’était faux, certainement. Mais là… C’était un échec de sa part. Quelque chose qu’il avait voulu faire pour lui, pour se faire plaisir, mais qui échouait parce qu’il était dysfonctionnel. Il sentit les larmes lui monter aux yeux et les chassa rageusement d’un clignement de cils.

“Je… je devrais y aller, je suis désolée, je… ne pensais pas….”, commença-t-il, perdu et en colère contre lui-même. “Je suis désolé de vous avoir fait perdre votre temps, je.. Je vous paierai vos honoraires complets et je ferai effacer...”

Il tremblait nerveusement. Il ne voulait pas rentrer chez lui avec ce sentiment d’échec persistant, il ne voulait pas vivre la déception de ce qu’il était… Mais il ne voyait pas ce qu’il pouvait faire d’autre.

“Pardon...”, murmura-t-il à nouveau.

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